Conakry: Dans le cadre du procès d'Oyé Guilavogui devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), le parquet spécial a requis une peine de dix ans d'emprisonnement, une amende de 50 milliards de francs guinéens ainsi que la délivrance d'un mandat d'arrêt contre l'ancien ministre, actuellement hors du pays.

Le ministère public fonde ses réquisitions sur des rapports de l'Inspection générale d'État (IGE), lesquels évoquent plus de 213 milliards de francs guinéens décaissés sans justificatifs jugés suffisants.

Selon l'accusation, plusieurs projets publics auraient été affectés par des irrégularités financières, notamment le programme national de reboisement, la confection des cartes biométriques et le projet de relance de la SOTELGUI. Les enquêteurs estiment notamment que 12 millions de dollars, sur une enveloppe globale de 50 millions de dollars destinée à cette société, demeurent sans explication quant à leur utilisation.

Le parquet reproche également à l'ancien ministre un enrichissement illicite, évoquant un patrimoine immobilier et automobile jugé disproportionné par rapport à ses revenus officiels, ainsi que des opérations présumées de blanchiment de capitaux à travers des comptes en devises alimentés par des fonds publics.

De son côté, la partie civile a demandé à la CRIEF d'étendre les mesures de saisie aux biens de l'ancien ministre afin de préserver les intérêts de l'État, en attendant le verdict attendu ce mercredi.

 

Par Damba Morlaye