Deux ans après la disparition de Foniké Menguè et de Mamadou Billo Bah, la prise de parole de son épouse, Rawadjan Doukouré, à Paris, remet au premier plan une question fondamentale : où sont les disparus ? Au-delà de l'émotion, cette intervention interpelle les autorités guinéennes sur leurs obligations juridiques en matière de protection des droits fondamentaux, de recherche de la vérité et de lutte contre l'impunité.
La déclaration de Rawadjan Doukouré ne constitue pas seulement un appel personnel. Elle traduit le désarroi d'une famille confrontée à une disparition dont les circonstances demeurent inexpliquées. Son message est empreint de dignité : elle ne réclame ni privilège ni traitement particulier, mais simplement la vérité et, si son époux est vivant, sa libération.
Dans tout État de droit, une disparition forcée ne saurait être considérée comme une affaire privée. Elle engage directement la responsabilité des pouvoirs publics, qui ont l'obligation de diligenter des enquêtes sérieuses, indépendantes et efficaces afin d'établir les faits, d'identifier les responsables et d'assurer le droit des familles à connaître la vérité.
Le silence dénoncé par l'épouse de Foniké Menguè revêt une portée particulière. En matière de droits humains, l'absence d'information peut constituer une souffrance permanente pour les proches, privés de toute certitude sur le sort de leurs êtres chers. Cette situation alimente également un sentiment d'impunité qui fragilise la confiance des citoyens envers les institutions.
Les déclarations du porte-parole du FNDC France élargissent par ailleurs le débat en évoquant d'autres disparitions et en dénonçant un climat de répression. Ces allégations méritent d'être examinées avec sérieux par les autorités compétentes, dans le respect du principe de présomption d'innocence et des exigences d'une justice impartiale. La réponse à ces accusations ne peut être le silence, mais la transparence et le fonctionnement normal des institutions judiciaires.
Au regard du droit international, notamment des engagements de la Guinée en matière de protection des droits de l'homme, les autorités ont le devoir de garantir le droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à un recours effectif. Lorsque des personnes disparaissent dans des circonstances préoccupantes, l'obligation d'enquêter devient une exigence juridique autant que morale.
L'intervention de Rawadjan Doukouré rappelle qu'au-delà des débats politiques, il existe des familles qui attendent des réponses. Le temps qui passe ne réduit ni la douleur des proches ni les obligations de l'État. Pour la crédibilité de la justice guinéenne et le renforcement de l'État de droit, la recherche de la vérité demeure une nécessité. Car dans une démocratie, le silence ne peut jamais se substituer à la justice.
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