Une vidéo montrant une vive altercation entre le Directeur général de l'Office guinéen de publicité (OGP) et son Directeur général adjoint a envahi les réseaux sociaux. Au-delà du caractère spectaculaire des images, cet épisode soulève une interrogation fondamentale : comment une institution publique peut-elle préserver son autorité, sa crédibilité et la confiance des citoyens lorsque ses différends internes se déroulent sous les yeux du public ?

Les désaccords au sein d'une administration ne sont ni rares ni anormaux. Dans toute organisation, les divergences d'appréciation font partie de la vie institutionnelle. Ce qui interpelle dans cette affaire de l'OGP, ce n'est pas l'existence d'un conflit, mais la manière dont celui-ci s'est exprimé et les conséquences qu'il produit sur l'image de l'institution.

Lorsqu'une altercation éclate dans le bureau d'un Directeur général et qu'elle est filmée avant d'être massivement relayée sur les réseaux sociaux, c'est bien plus qu'un simple différend entre deux responsables qui est exposé. C'est la crédibilité de l'administration qui vacille. Les citoyens attendent des dirigeants publics qu'ils incarnent l'autorité de l'État, la retenue et le sens des responsabilités, même dans les moments de tension.

Le leadership ne se mesure pas seulement à la capacité de prendre des décisions. Il se révèle également dans la manière de gérer les désaccords, de préserver le dialogue et de faire respecter les règles de fonctionnement d'une institution. Chaque responsable public est le gardien de l'image de l'organisme qu'il dirige.

Au-delà de l'émotion suscitée par les images, cette affaire soulève des questions de droit administratif.

Si le Directeur général adjoint a effectivement interrompu son supérieur de manière conflictuelle et provoqué une altercation dans l'exercice de ses fonctions, son comportement pourrait être qualifié de manquement aux obligations de loyauté, de respect de la hiérarchie et de discipline administrative. À l'inverse, si le Directeur général a adopté une attitude incompatible avec les exigences de sa fonction, sa responsabilité administrative ou disciplinaire pourrait également être engagée.

En droit administratif, les responsabilités ne se présument pas. Elles s'établissent au terme d'une procédure contradictoire permettant d'entendre toutes les parties et d'apprécier les faits avec impartialité.

La diffusion de cette scène sur les réseaux sociaux ajoute une dimension supplémentaire : au-delà des personnes impliquées, c'est l'image de l'OGP et, plus largement, celle de l'administration publique guinéenne qui se trouve exposée.

Cette affaire dépasse les individus. Elle met en lumière les défis de la gouvernance au sein des établissements publics et rappelle que l'autorité se construit autant par le respect des procédures que par l'exemplarité des comportements.

Une enquête administrative apparaît indispensable afin d'établir les responsabilités de chacun, dans le respect des principes du contradictoire et des textes applicables. Si des manquements sont établis, les mesures appropriées devront être prises conformément aux règles de la fonction publique.

Pour MAGJURY, cette séquence doit être perçue comme une occasion de renforcer la culture de la responsabilité, du dialogue institutionnel et de l'éthique administrative. Car une administration forte ne se distingue pas seulement par ses missions ou ses résultats, mais aussi par la qualité de sa gouvernance et l'exemplarité de ceux qui l'incarnent.