Le monde judiciaire est en émoi. Dans un climat de tension extrême, marqué par les critiques virulentes du ministre de la Justice, Gérald Darmanin, sur le fonctionnement du parquet, une affaire vient jeter une lumière crue sur les failles du traitement des violences sexuelles faites aux mineurs.
Au-delà de la décision de relaxe rendue par le tribunal de Bobigny en faveur d'un baby-sitter accusé d'agression sexuelle sur un enfant de 10 ans, c’est une erreur administrative aux conséquences désastreuses qui a choqué l’opinion : des commentaires internes de magistrats, restés par mégarde dans la notification du jugement.
On pouvait y lire des qualificatifs édifiants visant la mère de la victime :
« Une mère bobo, plus bourgeoise que bohème militante » ;
« Une psychologue de profession qui entraîne son fils dans un délire de victimisation biaisant ses déclarations.»
Pourtant, les faits dénoncés par l’enfant avaient été corroborés par un examen médical, rendant ces notes internes particulièrement insupportables pour la famille.
« La justice ajoute une agression de plus »
Pour Isabelle, la mère de l'enfant, ce choc a été double : celui de la décision judiciaire et celui du mépris affiché. « D'abord un tremblement dans tout le corps, puis une immense colère. Je me suis dit : ce n'est pas possible que la parole de mon fils soit traitée comme ça. La justice ajoute une agression de plus, alors que la victime mérite d'être traitée avec tout le respect que sa souffrance appelle », confie-t-elle.
Lucas, le père, partage ce sentiment de trahison institutionnelle : « Cela remet en cause notre jugement, mais aussi tous les jugements rendus par ces personnes. Ce n'est plus une question de moyens. Ces magistrats ont perdu le sens de leur travail. »
Pour l’avocat des parents, ces notes révèlent une absence totale d'impartialité. Si les échanges informels entre professionnels peuvent exister, leur inscription dans un document officiel constitue un manquement grave. Ces propos traduisent un biais de jugement qui, selon lui, disqualifie la sérénité requise pour rendre justice, particulièrement lorsqu'il s'agit de la parole fragile d'un enfant.
Face à l'indignation, la réponse a été rapide :
La présidente du tribunal de Bobigny a présenté ses excuses à la famille et s'est engagée à faire toute la lumière sur cette faille procédurale. Le plus rasdurant;
L'Inspection générale des services judiciaires a été saisie par la Chancellerie.
Les parents ont saisi le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour manquement à la déontologie, tandis que le ministre Gérald Darmanin a demandé l'ouverture d'une procédure disciplinaire pour envisager d'éventuelles sanctions.
Ce dossier soulève une question fondamentale pour le système judiciaire français : comment garantir une protection réelle des mineurs victimes lorsque l'impartialité, socle de la fonction de magistrat, semble entachée par des préjugés personnels ?
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